Histoires (Français)

La –Tramacua Histoire d’une infamie

En 2005, Nayibe Rojas, mieux connue comme Sonia, membre de guérilla des FARC, a été arrêtée. Après avoir séjourné dans une base militaire navale elle a été mutée, grâce aux pressions des organisations non gouvernementales, au centre pénitentiaire de Valledupar. Il faut dire que cette prison a été édifiée sous le programme de Bonus Fédéral de prison des E.E.U.U. pendant l’année 2001. Etant donné que Rojas était l’unique femme dans cette prison, le gouvernement colombien a enjoint l’INPEC (Institut National Pénitentiaire Colombien) de libérer une des neuf tours de la –Tramacua– et a ensuite placé quatre vingt-dix femmes choisies à sa guise et venues de toutes les prisons du pays. L’ordre a été accompli. Des femmes ayant une variété de profils, sans tenir compte de leur temps de peine, ont été quasiment enlevées de leurs endroits de prison, tout cela au petit matin; mises en fourgons de la police, menottés et attachées aux pieds. Elles sont arrivées à Valledupar, après un dur parcours, en accomplissant l’ordre gouvernemental donné pour faire un coup de vengeance contre la guérilla. Cependant, Sonia n’a jamais été incarcérée dans cette tour. Pendant quinze jours elle a été écartée des autres femmes, tandis que le gouvernement faisait les démarches nécessaires pour l’extrader vers les E.E.U.U. Ainsi, Sonia séjourne depuis dans une prison américaine. Les 90 femmes, ayant été utilisées en tant que couverture pour cacher l’action de l’État, subissent des conditions épouvantables et difficiles vu l’abus de pouvoir de la part de l’INPEC. Cet organisme continu à violer les traités internationaux et la loi colombienne sans que, pour autant, aucun dispositif de contrôle judiciaire mette un frein à l’abus, malgré leur connaissance de la situation des prisonnières depuis le début.

La Tramacua a bien vu des femmes qui reçoivent leurs denrées dans des sacs plastiques, la plupart du temps tout à fait pourris et donnés vers 8 ou 9 heures le soir. Des fois, la nuit noire, environ vers 3 ou 4 heures du matin, il faut que les femmes descendent à la cours afin de tuer des bêtes, des animaux rampants qui trainent sur le sol ou dans les toilettes.

Elles se sont assez souvent révoltées et de ce fait les châtiments sont parvenus. C’est en tout cas, grâce à des dénonciations et plaintes qu’elles ont réussi à améliorer un tout petit peu leur situation.

Les femmes de la Tramacua ne sont que le 1% de la population en prison. Cependant elles subissent un régiment draconien aussi dur que celui subi par les hommes. «On a beau avoir un règlement interne, mais on ne l’a jamais vu et en effet il n’y a pas un chapitre spécifique pour le traitement des femmes en prison. Ainsi, du fait que les hommes n’ont pas le droit de porter des boucles d’oreilles ou du maquillage la conséquence pour nous les femmes est que nous n’en avons pas le droit non plus».

Les geôliers ont hélas tout le droit pour faire des annotations sur des prétendues fautes disciplinaires qui affectaient la conduite des prisonnières. En conséquence, ils mettent aussi en cause, devant les juges, la possibilité de recevoir quelconque aménagement de la peine.

De même que les hommes, ces femmes passent leur journée allongées parterre, car les lits en ciment sont de très loin insuffisants pour toutes. «Nous subissons des températures sous le soleil à 37 degrés, la plupart du temps sans eau, sans rien pouvoir faire et en attendant de rentrer dans les cellules à 16 heures».

Du même que les hommes, lors des réunions juridiques ou médicaux, les femmes sortent attachées par des chaines qui leur entourent les mains et la ceinture. Quiconque qui puisse s’interroger sur cette si difficile situation s’en justifierait en disant qu’il s’agit de femmes très dangereuses pour la société. Mais non !! À la Tramacua il y a des personnes à qui on viole tous les droits fondamentaux dans tous les sens, notamment le droit à l’innocence. En fait il s’agit de femmes à casier judiciaire vierge ou en générale des indomptables, des dealers ou encore des femmes accusées d’avoir commis des crimes passionnels. Très peu de ces femmes pourront être dans la catégorie exigée pas une des prisons plus sures du pays.

En même temps que les femmes perdent leur liberté, elles perdent aussi leurs enfants, leurs proches et amis; car éloignées de leur endroit d’origine elles reçoivent parfois une visite qui ne va pas au-delà de quatre heures. Mais encore, les visiteurs ne peuvent rien emporter: après avoir fait de longues files d’attente qui se font sous le soleil brulant, les visiteurs ne peuvent que partager un plat (appelé chanfarra) que les même prisonnières doivent acheter dans les locaux du commerce à l’intérieur de la prison.

La vie sexuelle et les échanges avec les hommes sont contrôlés par des fouilles et des normes très anciennes agissant sous la consigne d’interdiction de mélange entre prisonniers.

Pour sa part la garde féminine s’acharne contre les prisonnières en cherchant à faire de mauvaises qualifications de conduite vis-à-vis le «Conseil de comportement». Ainsi, dans la prison ces femmes font l’objet de toutes sortes de mesures répressives en allant des plus indignes châtiments, discriminés et collectifs, jusqu’à la maltraitance physiques en tant que mesure coercitive. «On nous sanctionne pour le simple fait de posséder un petit miroir ou un coupe-ongles, aussi que pour réclamer un des nos droits!!. D’absurdes mesures qui cherchent à faire devenir en délits des actions les plus quotidiennes et normales».

À la prison, il est commun que l’on brise les règles de procédure dans une requête disciplinaire. De même, dans le bureau juridique il est assez souvent que l’on perde des documents juridiques importants pour les détenues.

«Lorsque nous les femmes appelons à la condition de genre féminin, l’INPEC brandi la formule - égalité devant la loi-. Cependant la dite discrimination positive pour les femmes, reconnue dans des traités internationaux, n’est pas du tout prise en compte. Couramment, du fait d’une minorité en nombre devant les hommes, nous devons nous soumettre aux gouts et préférences des prisonniers, très spécialement lorsque ces décision affectent le quotidien des prisonnières».

Donc, les femmes réclament:

  1. De l’eau potable de manière suffisante et tout au long de la journée.
  2. Des règles et normes justes et rationnelles, en tenant compte des besoins spécifiques des femmes, sans restriction autre que celles dégagées de la perte de liberté.
  3. Séparation et classification des prisonnières, dans le type de structure qui correspond à leur niveau de condamnation. Ceci en tenant compte que le lieu d’incarcération doit toujours être proche de l’ancien lieu d’habitation de la femme concernée.
  4. Opportunité de travailler en ayant un salaire digne et égal à celui accordé aux hommes emprisonnés.
  5. Avoir le droit d’acquérir des matériaux pour la production artisanale.
  6. Avoir la possibilité de profiter des activités de loisirs, culture et du sport.
  7. Jouir d’un véritable contrôle judiciaire afin de s’accorder aux normes nationales et internationales.
  8. Jouir du droit des détenues à bien connaître les prétendues fautes commises et qui sont à l’origine de châtiments.
  9. Interdire les sanctions à caractère collectif.
  10. Etablir les mécanismes collectifs nécessaires pour empêcher l’abus d’autorité et de pouvoir qui fait la discrimination à l’encontre des femmes.

Les medias, pour parleurs de l’État colombien, rendent visibles les prisonniers que dans le cas d’émeute ou d’évasion des détenus. L’opinion publique, une fois que l’on a arrêté un délinquant présumé, va se soulager sous la consigne de la politique de sécurité démocratique. Voila pourquoi on justifie les «faux positifs» dans le domaine militaire et juridique: pour abaisser la pression de demande de résultats !!. Pourtant, ce que nous subissons dans les prisons a toujours été minimisé. Hélas, en tout cas il s’agit d’un pays où la pauvreté, le chômage, la para-politique et la corruption, sont à l’ordre du jour. Or, la détresse subit par un secteur de la population (duquel fait partie les prisonnières) ne fait pas souci la société colombienne.

Le plus indigne c’est que le système dantesque de la Tramacua (En tant qu’expérience politique en Colombie) va se répéter. La politique pénitentiaire de la Colombie vise de plus en plus à éliminer les prisons normales dans le pays. En échange, on pense à construire des tours voisines aux prisons pour les hommes, ceci dans les mêmes conditions qu’à Valledupar. Il s’agit alors d’un gouvernement où non seulement l’opposition politique est menacée mais aussi où la politique de «faux accusateurs » fait courir à n’importe quel citoyen le risque d’être emprisonné en se sachant innocent. Tout cela nous concerne tous!!
Nous appelons la communauté internationale, ONG’s des Droits de l’Homme, défenseurs des femmes ; pour rendre visible la situation des femmes prisonnières et aussi pour surveiller l’activité de la prison à l’encontre de femmes.

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Témoignage d’Eveline Eugenia Cordoba Garcia, Prisonnière Politique

Le 9 novembre 2008 des agents du Département Administratif de Sécurité (DAS) agissant ensemble avec le procureur de la république No 48 ont arrêté quatre personnes. L’action, se déroulant dans les hameaux de Puerto Leguizamo et la Tagua, dans le département de Putumayo, a permis d’arrêter deux femmes et deux hommes accusés de rébellion après que des inconnus les avaient signalé comme faisant partie des auxiliateurs de la guérilla.

À 14h30 ces agents ayant une commission rogatoire du procureur No 48 ont arrêté Eveline. «J’ai donc demandé de quoi s’agissait-il, on m’a dit alors qu’il y avait un ordre d’arrestation mis en place en m’accusant de rébellion». J’ai demandé, «Pourquoi?», ils n’ont rien répondu. Ils m’ont juste demandé d’aller chercher quelques vêtements car nous nous envolions vers Bogota.

Eveline est connue comme étant commerçante de combustible dans la région. Dans le village de Puerto Leguizamo, elle fait le commerce en achetant à des entreprises comme Terpel, Selva Motor, Alger proveedores, et ensuite en revendant à la Banque –Agraria- (Paysanne), l’Institut Sinchi, Corpoamazonia, Cooperatives de transport fluvial, Orucapu et du même à l’Agence logistique Navale du Sud (Agence Militaire). Pour cela, elle ne comprend pas les raisons par lesquelles elle a été mise en prison.

Les quatre personnes capturées ont été amenées vers un navire de l’armée Nationale ancré au fleuve Putumayo. Là-bas elles ont passé la nuit. Or le procureur régional est allé voir les quatre prisonniers qui partageaient la même accusation pour rébellion. Ils ont toujours demandé qu’en attendant une action du juge on devait les amener dans un commissariat de police ou à la prison du village. Aucun des détenus comprenaient pourquoi ils étaient toujours dans un navire militaire. Le procureur a bien transmis le désir des détenus à un des agents, mais il a refusé sans donner une quelconque explication. Le procureur a menacé d’aller porter plainte aux supérieurs mais l’agent a répondu fortement: Faites-ce que vous voulez!!

Lors du moment de l’arrestation, Eveline et les autres ont été pris en photos par les agents de police. Le 10 novembre vers 7h30 les quatre détenus ont été dirigés vers l’aéroport de Puerto Leguizamo. Cette mobilisation a été faite accompagnée par des chars d’assaut, voitures militaires et plusieurs soldats. « Nous étions menottés, comme s’il s’agissait de véritables criminels, dangereux pour l’humanité ». Ils ont été amenés à Bogota, «Nous sommes arrivés à l’aéroport militaire de CATAM et en suite nous étions amenés aux bureaux du DAS, dans le secteur de -Paloqueamo-. L’audience a été réalisée le 13 novembre à 14h30: «nous voyions du monde, des personnes qui nous montraient du doigt sans que nous les connaissions».

«La nourriture que nous devions manger dans le DAS était mauvaise et froide comme si c’était de la glace, nous n’avons pu acheter à manger que le dimanche lorsque sont venus nos familiers».

Un jour les hommes détenus sont partis du DAS vers la prison de la Picota. Eveline et l’autre femme sont parties vers la prison Nationale de Buen Pastor, et «depuis cela nous espérons notre liberté vu que nous sommes des femmes chef de foyer et nos enfants souffrent de notre absence ». Evelyne est mère de quatre enfants : 6, 8, 13 et 17 ans l’ainé.

Sur sa situation elle affirme: «Je demande que l’on me redonne ma liberté car l’emprisonnement est en train de me tuer, moi, je n’ai jamais rien fait qui puisse porter atteinte à mon image… ce que j’ai vécu en prison est si fort et injuste. C’est cruel de vivre sans mes enfants».

Eveline est une femme du village, simple, travailleuse, chef de foyer. À cause de la dite politique de sécurité démocratique et de son réseaux d’informateurs elle a été injustement arrêtée et soumise à la sanction publique, éloignée de sa famille, de ses enfants et incarcérée pendant beaucoup de temps sans avoir jusqu’à présent une date limite. Elle demande justice et de pouvoir retourner dans son foyer avec ses enfants.

Témoignage recueilli par Lilyani Obando
Prisonnière Politique
Prison Natinale de Femmes
15 Février 2009